Kia Sportage 2017, un projet plus mature

  • Kia Sportage 2017, un projet plus mature


    Le Kia Sportage a une longue histoire d’amour avec les Canadiens. Amour relatif, faut-il le dire puisque les chiffres de vente ne le placent pas au premier rang de sa catégorie, loin s’en faut, mais amour quand même. Parce que le petit utilitaire sport a toujours affiché un style qui lui était propre, même si la conduite, elle, n’avait pas la même personnalité.

    Pour 2017 cependant, Kia a décidé de lancer son utilitaire sport dans la mêlée avec une toute nouvelle robe, et en lui insufflant une personnalité plus imposante que jamais. Pas du point de vue mécanique, cependant, puisque de ce côté rien n’a changé. Mais tant physiquement qu’en matière de dynamisme, le nouveau Sportage affiche une fermeté et une assurance qu’on aurait difficilement pu croire possible il y a quelques mois encore.



    Affaire de style

    Depuis la venue de Peter Schreyer chez Kia, le style des véhicules coréens a littéralement bondi de 100 ans en avant. De trop conservateurs qu’ils étaient, les voici devenus plus avant-gardistes que la plupart de leurs rivaux. Mais ce qui sied bien à certains véhicules (pensons ici à la Kia Soul qui a fort bien porté et qui porte encore son originalité avec enthousiasme) n’est pas aussi facile à supporter sur tous les modèles.

    Ainsi, le nouveau Sportage, totalement redessiné, ne fait pas l’unanimité en matière de silhouette. La calandre, même si elle rappelle celle des autres modèles Kia, s’insère étrangement dans un capot plus arrondi, et entouré de phares qui ne sont pas sans rappeler certains modèles d’utilitaires sport allemands. La combinaison est certes unique, mais n’a pas reçu que des éloges des amateurs qui ont vu le petit Sportage en photo.

    Avouons cependant qu’en personne, il en jette un peu plus et, sans le qualifier de rebelle comme le souhaiterait son concepteur, il faut au moins lui reconnaitre le mérite d’être différent.

    Un petit bémol quand même pour les phares antibrouillard de la version SX. Alors que les versions moins haut de gamme utilisent les traditionnels phares ronds, le SX lui met plutôt à profit de quadruples lumières à D.E.L., ce qui ne constitue cependant pas une réussite.

    L’habitacle, en revanche, est sans véritable reproche. La finition, même dans les versions de base avec sièges en tissu, est réalisée sans anicroche, et l’ergonomie est quasi sans défaut. Un bon mot aussi pour la présence d’un écran d’affichage dans toutes les versions (allant de 5 à 8 pouces selon les déclinaisons), ce qui facilite la consultation des informations de confort et multimédias.

    Enfin, signalons la présence, optionnelle, d’un toit ouvrant qui redéfinit littéralement la notion de panoramique tellement il est imposant. Bonne nouvelle, l’écran solaire qui le recouvre peut se glisser et s’arrêter dans toutes les positions au lieu de quelques endroits prédéterminés.


    Motorisation inchangée

    On n’a pas voulu toucher aux moteurs de ce nouveau Sportage. Le résultat, c’est donc la même présence du moteur à quatre cylindres de 2,4 litres de 181 chevaux et de 175 livres-pied de couple, marié à une boite automatique à 6 vitesses, dans toutes les déclinaisons (LX, EX et EX Premium et Tech), à l’exception de la SX.

    Cette dernière profite plutôt du moteur turbo 2,0 litres de 237 chevaux que l’on retrouve aussi dans le Kia Sorento et la Kia Optima. Il conserve la même boite de vitesse que les autres déclinaisons. Mais alors que les versions LX et EX peuvent profiter d’une simple traction, le SX est systématiquement doté d’un rouage intégral.

    Testée sur des petits sentiers hors route, alors que la chaussée divisée en deux affichait une portion boueuse et une portion glacée, la traction intégrale intelligente Dynamax s’est avérée efficace, et sans délai. Petit détail, elle peut transférer jusqu’à 100 % de sa puissance aux roues arrière lorsqu’elle ressent une perte d’adhérence.

    Avouons aussi que le moteur turbo, même s’il est plus puissant, n’a pas réussi à faire la preuve de sa valeur réelle, même dans les conditions sinueuses et accidentées de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique.

    En fait, même si en théorie il est clairement plus puissant, on ne ressent pas cette nuance avec autant de différence que l’on pourrait s’y attendre. Il faut dire aussi que le moteur 2,4 litres a fait ses preuves sur beaucoup d’autres modèles de la famille, et prouve une fois de plus sa capacité sous le capot du Sportage.

    Le vrai changement

    Même si la silhouette est totalement nouvelle, c’est la conduite de ce nouveau Sportage qui est désormais sa plus grande qualité. La direction, électrique, est devenue nettement plus sensible et communicative que dans les anciennes générations. Un simple mouvement des mains permet de se sentir plus connecté à la route, et d’enfiler les trajectoires les plus sinueuses.

    Ajoutez à cela des suspensions plus rigides que jamais, qui ont comme grande qualité d’éliminer quasi complètement les transferts de poids non souhaités en virage, et vous aurez un étonnant petit utilitaire sport capable d’affronter les virages les plus serrés en souffrant beaucoup moins que par le passé.

    De surcroit, on a installé au Sportage un sélecteur de mode de conduite qui permet de profiter au maximum des nouvelles qualités dynamiques du véhicule. En mode Normal, il se comporte sans grand défaut, mais sans enthousiasme. Le mode ECO est définitivement endormi, mais économique, alors que le mode Sport modifie la direction et le régime moteur, et procure des sensations évidemment plus étonnantes.

    Des versions et des options

    La version LX, dont le prix de base est à 24 795 $ (26 995 $ avec le rouage intégral) affiche une liste d’équipements intéressante. Outre les ensembles plus traditionnels de connectivité Bluetooth, d’écran d’affichage et de sièges chauffants, elle ajoute une caméra de recul et des phares antibrouillard.

    La version EX (27 995 $ et 29 705 $ AWD) ajoute la navigation, augmente un peu la taille de l’écran d’affichage et propose un désembueur automatique de fenêtres avant, ce qui élimine l’intervention du conducteur. Le EX Premium (32 695 $) disponible uniquement avec la traction intégrale) et le EX Tech inscrivent une alerte de trafic transversal arrière, un détecteur d’angle mort, un hayon électrique intelligent et un système audio Harman Kardan sur leurs listes d’accessoires.

    Enfin, la version SX (vendue 39 395 $) est la seule à utiliser le moteur 2,0 litres et ajoute notamment un avertissement de changement de voie. Défaut d’importance cependant, les accessoires de sécurité électroniques embarqués ne sont que des avertisseurs sonores et lumineux, et n’interviennent jamais à la place du chauffeur comme le font les rivaux.

    Petit utilitaire au look différent, le Sportage affiche désormais une dynamique de conduite nettement relevée. Les ambitions de Kia demeurent modestes : en vendre 7 500 cette année au pays. Une cible qui devrait être plutôt facile à atteindre.