Style équilibré, équipement bien pensé… Pour la cinquième réinterprétation de son Sportage, Kia joue la sûreté plutôt que l'audace.
Publié le 11 mai 2022, par ÉRIC LEFRANÇOIS COLLABORATION SPÉCIALE, La Presse +
Griffe montréalaise
Conçu sous la baguette du styliste montréalais Karim Habib, ce Sportage affirme plus nettement encore des choix destinés à faire de Kia une marque à la fois plus forte et plus consensuelle.
Dans les concessions depuis quelques semaines déjà, le Sportage, cinquième du nom, ne prétend rien réinventer. La face avant, qui en impose avec ses phares en boomerang et sa large calandre horizontale qui l'élargissent visuellement, donne une certaine stature au Sportage.
Sans être le clone d'un autre modèle de la gamme, il reprend à son compte certaines proportions et caractéristiques de la nouvelle gamme. La surface vitrée contenue, les « muscles » sculptés sur les flancs ou encore les bas de caisse pour allonger la silhouette. Des signes distinctifs définis très en amont dans le cahier des charges, afin de ne pas sortir de l'épure et de forger une identité tangible sans être paralysante. L'important, toutefois, n'est pas seulement la cohérence du style, mais aussi son efficacité. Et le résultat n'est pas vilain à regarder. La question est plutôt de savoir s'il vieillira bien.
Au deuxième rang des véhicules les plus vendus chez Kia après le Seltos, le Sportage reprend là où il a laissé. En clair, il ne part pas d'une feuille complètement blanche. Élaboré sur la même plateforme que le Tucson apparu il y a déjà un an, il en partage l'essentiel des composants. Ce cousinage, que ne trahissent que quelques détails apparents, lui a aussi permis d'accélérer son développement avec Hyundai, marque alliée ou ennemie, c'est selon.
Motorisation
Doté d'un plus grand coffre (1021 L, dossiers de la banquette en place), le Sportage est suspendu plus confortablement en raison principalement de son empattement plus long. Pour l'heure, il dispose d'un éventail de moteurs plus restreint (voir l'onglet « Fiche technique »).
Le 2,5 L ne fait pas grande impression, mais il s'agit de la seule proposition ayant une variété de modèles à son catalogue. Trop juste en performances et gourmand dès qu'on le sollicite un tant soit peu, ce moteur manque de sophistication.
Sur papier, la version hybride semble celle avec laquelle l'acheteur devrait prendre rendez-vous, mais Kia n'a, curieusement, pas jugé bon de nous la faire tester. Dommage, car le 2,5 L ne rend pas justice au travail de ses concepteurs. Ce moteur manque de punch à l'attaque (accélération) et sa consommation demeure élevée. Pour la catégorie, s'entend.
Stable, prévenant et sûr, le Sportage n'en demeure pas moins un poil ennuyeux à conduire. En dépit de la rigidité de son châssis, la direction offre un ressenti très faible et ne donne pas envie de tester les limites de cet utilitaire.
Le sous-virage apparaît très tôt (sur la version tractée tout particulièrement), le freinage manque de résistance si on le sollicite trop fortement tandis que la caisse réagit plutôt mollement aux changements rapides de trajectoire. Mais l'acheteur potentiel sera cependant ravi du confort prodigué par ses suspensions, qui se révèlent souples sans être molles.
Du coffre
Critiqué à juste titre pour la qualité de présentation très moyenne du Sportage, Kia consent un louable effort. L'habitacle est soigné et comporte une dalle luminescente spectaculaire qui n'est pas sans rappeler l'EV6 présenté dans nos pages il y a quelques mois.
À l'exception des commandes numériques de la climatisation, le Sportage est facile à prendre en main, agréable à vivre. L'espace intérieur est beaucoup plus généreux qu'il ne l'était, surtout pour les jambes des occupants à l'arrière. Mais l'élément le plus important de cette refonte touche au coffre. Celui-ci est beaucoup plus vaste, avec une capacité totale (banquette rabattue) de 2098 L. La précédente mouture affichait 1703 L.
Prévenant, se présentant plutôt bien et correctement équipé, le Sportage devrait tenir son rang face à des concurrents qui s'appellent Toyota RAV4, Mazda CX-5 et Ford Escape. On peut regretter qu'il manque d'aspérités sur le plan dynamique (visuellement, il n'en manque pas), mais ce serait oublier que le plaisir n'est pas vraiment la tasse de thé de cette catégorie de VUS.
Les frais de déplacement liés à ce reportage ont été payés par Kia Canada.
KIA SPORTAGE
Fourchette de prix De 28 995 $ à 40 995 $
Visible dans les concessions Maintenant
On aime
Versions hybrides prometteuses
Présentation aérée et soignée
Volume intérieur
On aime moins
Comportement peu dynamique
